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ISITT - Tanger - Maroc

ISITT - 2010

A travers l’histoire, ce genre de programme a souvent été conçu sous forme de campus à l’américaine, c’est à dire des entités dispersées dans la nature. Aujourd’hui, après la crise pétrolière et au vu des déplacements que ce concept occasionne, en plus de la dislocation de la vie au sein de ces campus, ce concept trouve ses limites et devient obsolète. Nous avons ainsi opté pour une implantation plus compacte des bâtiments réduisant ainsi les besoins énergétiques globaux du projet. La compacité permet en effet de réduire les différentes pertes d’énergie de toutes sortes qui peuvent exister dans un projet plus diffus. Nous avons choisi un concept organique, basé sur les lieux physiques, pour faire un véritable village, un bâtiment monde ou tout déplacement se fait à pied par le biais d’une rue intérieure assurant le lien entre les composantes du programme, une rue rythmée par des séquences urbaines alliant minéral et végétal. Le terrain forme une colline. Plus tôt que de subir la pente, nous avons opté pour son intégration comme un élément spatial structurant le projet. Notre projet s'articule le long d'une rue naturellement plate puisqu'elle est axée le long d'une courbe de niveau. Cette ligne directrice sinueuse, marque, et formalise concrètement la topographie du terrain. Le paysage et sa topographie deviennent ainsi un matériau premier. Par son rapport à la pente, et les courbes qui en découlent, le projet tire sa force de la topographie irrégulière qui devient ainsi une composante architecturale à part entière du projet. Ce travail sur le rapport à la courbe a été abouti par un traitement architectural organique des bâtiments : irrégularité des courbes dans l'espace et formes irrégulières et dynamiques ainsi générées dans l'espace tridimensionnel.

Un campus est un lieu de cohabitation des individus et des activités. C’est un espace dans lequel ils vont dormir, travailler en groupe et individuellement, mais aussi se divertir et socialiser. Il nous a semble essentiel de caractériser et organiser les espaces selon leur vocation d’étude, de logement, ou de divertissement. Notre projet marque une dissociation et séquence ces espaces à vocations multiples par une réflexion sur l’urbanité du projet. Lorsque les étudiants passent d’un espace à un autre, il est fondamental que leur atmosphère change, afin de marquer par l’espace les rythmes de la journée. Dans le paysage, le « socle bâti », qui assoit le projet et lui donne une unicité, est traité en revêtement de pierre et peut s’apparenter à un rempart. Les bâtiments intérieurs étant perçus comme des émergences.